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Qu’est-ce que la cryopréservation de tissu ovarien?

La cryopréservation du tissu ovarien est l’unique alternative lorsqu’il s’agit de préserver la fertilité chez des patientes prépubères ou chez des patientes pour qui  aucun délai avant de débuter la chimiothérapie n’est acceptable. Elle n’est cependant réalisable que pour les patientes de moins de 36 ans.

Au cours d’une intervention sous anesthésie générale et par voie laparoscopique, qui n’excède généralement pas 30 minutes et qui peut être réalisée en urgence, des fragments d’ovaire sont prélevés. Lorsque le tissu a été prélevé, les fragments sont envoyés au laboratoire afin de procèder à la congélation de ceux-ci. Une partie de ces fragments d’ovaires feront l’objet d’une analyse microscopique afin d’une part d’évaluer la réserve ovarienne, c’est-à-dire la présence des follicules au niveau du tissu prélevé et d’autre part de s’assurer de l’absence de cellules cancéreuses au niveau des prélèvements.

Après la chimiothérapie, deux situations peuvent se présenter:
Soit la patiente a retrouvé des règles normales dans les 6 à 12 mois après la fin de la chimiothérapie, elle pourra alors envisager une grossesse spontanée après avis oncologique.
Soit elle présentera des règles anormalement espacées, voire absentes, ainsi que des bouffées de chaleur, signes d’une insuffisance ovarienne précoce. Ce diagnostic sera confirmé par une prise de sang et une échographie gynecologique qui confirmeront qu’elle n’a plus suffisamment d’ovules dans les ovaires pour avoir un enfant spontanément. Il sera proposé une réimplantation du tissu ovarien après avis oncologique. Dans la mesure du possible, tous les fragments ne sont pas réimplantés en une opération, car il a été démontré que la réimplantation en plusieurs fois augmente les chances de restaurer non seulement l’activité ovarienne mais également la fertilité naturelle, à condition évidemment que les trompes soient présentes et perméables. A ce jour, les naissances de plus de 24 enfants ont été rapportées dans la littérature suite à l’application de cette technique de réimplantation de tissu ovarien cryopréservé. Les données scientifiques font penser que les chances de succès de cette technique sont aujourd’hui d’environ 20%.